Alain Contrepois
CERPE, Centre d’Etudes et de Recherches pour
Source : Métiers de la petite enfance, N° 53, Novembre 99
L’entrée dans le sommeil et ses difficultés dans notre
société
Lorsque d’un point de vue clinique, on observe la situation
d’endormissement des jeunes enfants, dans la plupart des sociétés occidentales
contemporaines, on remarque qu’elle s’accompagne souvent pour eux et pour leurs
parents de réactions anxieuses voire de conflits, susceptibles lorsqu’ils se
répètent d’induire des troubles du sommeil qui peuvent se manifester dès le
premier âge (Mazet et Stoleru, 1988 ; Valleteau de Moulliac, 1991 ; Kahn,
1998). L’entrée dans le sommeil implique généralement pour l’enfant la
séparation d’avec les parents et l’acceptation d’une certaine solitude même si
celle-ci n’est que passagère. Cet apprentissage difficile, le jeune enfant ne
peut le faire qu'accompagné par la tendresse de son entourage proche, dans un
climat de sécurité et de disponibilité à son besoin de relation et d’échanges.
La grande fréquence des troubles du sommeil chez les nourrissons dans notre
société, le désarroi de certains parents face aux cris et pleurs de l'enfant,
leur crainte de “devenir esclave” s’ils y répondent, les suggestions et
injonctions parfois contradictoires faites par différents professionnels de
l’enfance et par les familles ont conduit plusieurs chercheurs à “s’interroger
sur l’évolution des pratiques d’apaisement et d’endormissement des bébés dans
différents contextes culturels” (Stork, 1993). La question de l’éventuelle
relation entre différents rituels d'endormissement de l’enfant et les taux,
variables selon les pays, de mort subite inexpliquée du nourrisson, a même été
posée (Davies and Gantley, 1994 ; McKenna and al. 1994 ; Bouvier-Colle et al.,
1992). Les insomnies du jeune enfant semblent constituer une des grandes
préoccupations de la famille occidentale (Ferber, 1990 ; Kahn, 1998). Une
enquête INSERM effectuée sur mille enfants nés en 1973-1974, dans le XIVè
arrondissement de Paris, révèle que 16 % d’entre-eux ont absorbé régulièrement
des sédatifs ou des somnifères avant l’âge de 9 mois (Choquet M. et Davidson
F., 1978). La consommation de ces mêmes produits par l’ensemble de la
population française constitue un record mondial. Les difficultés
d'endormissement de l’adulte, ses troubles du sommeil et l’importance de la
consommation de médicaments “pour le sommeil” dans les pays occidentaux et
notamment en France ont été notés (Guidetti et al., 1997). En dehors de
l’impact des modes de vie actuels dans ces pays, y aurait-il un lien entre ces
faits et certains aspects culturels des conditions d’endormissement pendant
l’enfance ? Toutes ces questions ont amené plusieurs chercheurs, issus
d’horizons divers, à participer à des recherches sur les rituels d’apaisement
et d’endormissement de l’enfant dans différentes cultures.
Rituels d’apaisement et d’endormissement
de l‘enfant dans différentes cultures
L’un des intérêts de la comparaison transculturelle des
techniques de maternage, c’est qu’elle permet de repérer, selon les sociétés,
des répartitions différentes du temps, de la durée du contact physique entre
les parents (surtout la mère) et l’enfant, ainsi que des types de stimulations,
explicitement destinés dans certaines cultures à favoriser le développement de
l’enfant. Les dominantes ainsi dégagées permettent de définir des “styles
culturels de maternage”, variant en fonction des représentations collectives
(système de valeurs, de références, etc.) concernant la santé de l’enfant, son
développement, son éducation... Il faut souligner la grande variabilité des
pratiques de soins aux jeunes enfants dans des domaines aussi divers que
l'allaitement, les modalités et l’âge du sevrage, les massages, le portage,
l’apprentissage de la propreté et, ce sur quoi nous nous sommes
particulièrement attardés, les réactions aux pleurs du nourrisson, et les
rituels d'apaisement et d’endormissement. Si des variations culturelles
s’observent au niveau des pratiques, elles sont également analysables à un
niveau représentatif (Stork, 1986), car les diverses conceptions culturelles de
l'enfance induisent des comportements spécifiques et attribuent des
significations différentes aux mêmes comportements enfantins. Une étude montre
notamment que les représentations maternelles du sommeil du bébé influencent
les interventions de la mère au moment de l’endormissement, mais cela d’une
façon assez complexe. En effet, les représentations de la mère changent au
cours du temps (Toselli et al., 1993). Des recherches extrêmement intéressantes
concernant les rituels d’apaisement et d’endormissement de l’enfant ont utilisé
la méthodologie mise en place par le groupe de recherche d’Hélène Stork
(Université Paris V) :
Selon Stork, filmer en milieu naturel permet de camper l’univers
culturel et d’objectiver les comportements. Cela permet également une analyse
répétée à volonté et décuple les observations de l’information écrite
(postures, gestes, mimiques, regards, mouvements...). Cette technique nécessite
une formation préalable du chercheur (C. de France, 1982, 1994). Mais le film
lors de sa projection a, plus que l’écrit, un impact émotionnel ; d’où le
risque d’éventuelles distorsions, erreurs d'interprétation susceptibles de
provoquer le rejet, etc. Le film doit donc être présenté par un spécialiste du
domaine (connaissant la culture du pays), être accompagné de textes, et être
discuté oralement. Voici un résumé de certaines des études réalisées par le
groupe d’Hélène Stork et tirées de son excellent ouvrage : “Les rituels du
coucher de l’enfant. Variations culturelles” (1993).
Etude au Sénégal
Importance du “corps à corps”, du “peau à peau” du couple
mère-enfant. Le port de l’enfant dans le dos entraîne un contact continu de la
mère et de l’enfant. En Afrique, il est fréquent de voir le bébé passer du dos
au sein, puis dans le giron d’une femme qui s’active à un travail en station
assise. Et si ce contact corporel donne l’impression d’être continu dans la
journée, il l’est aussi la nuit puisque l'enfant est en contact étroit avec le
corps de la mère. Au Sénégal, en milieu peul-pulaar, les pleurs du bébé sont
considérés comme un appel et doivent toujours recevoir une réponse (Ly. 1993).
Tant que l’enfant n’a pas acquis la position assise, la mère se désigne par
“nous” pour parler d’elle et de son enfant. Jusqu'à ce stade, l’alimentation,
les soins, les jeux avec le bébé se font souvent sur le corps même de la mère.
Dans cette accommodation maximale de la mère à son nourrisson les pleurs du
bébé sont rares. Ils existent cependant mais sont de courte durée et font
l’objet d’une attention particulière. Calmer le bébé, l’apaiser, l'aider à se
remettre de ses états d’agitation, de malaise, etc., reste la préoccupation
majeure de la femme africaine. La nuit appartient au monde des esprits, des
morts, bons ou mauvais. C’est le monde des apparitions insolites, des visions,
des rêves mais aussi des cauchemars dont il faut protéger l’enfant par une
présence rapprochée de la mère (c’est aussi une des fonctions du portage au dos
pendant la journée). Les deux pagnes qui maintiennent l’enfant pendant le
portage ont une signification. La première pièce de tissu est uniquement
destinée au portage du bébé jusqu’au sevrage. Elle signifie sac, poche,
contenant. Elle est fournie par la mère et sert à porter tous les enfants de la
même mère. Symboliquement, elle renvoie au fantasme d’une surface de peau
commune à la mère et à l’enfant (Anzieu, 1985). Le second pagne est fourni par
le père et appartient exclusivement à l’enfant. Il n’est permis à personne
d’autre de le porter. Il sert à doubler le premier au moment du portage, mais
aussi à envelopper l’enfant ou à le couvrir quand il dort. C’est ce pagne que
l’enfant emporte quand il quitte ses parents. La mère passe beaucoup de temps à
bercer son bébé. Les formes de bercement varient selon l’âge de l’enfant. Les
bruits de bouche, les chants de berceuses, les tapotements rythmiques varient
aussi selon les moments de la journée ou de la nuit. Ces techniques de
bercement et d’apaisement sont considérées comme essentielles dans
l’humanisation du tout-petit.
Etude en Algérie
Selon Bouabdallah (1993), dont le travail a été réalisé dans les
environs d’Alger, l'apaisement est une étape qui précède l’endormissement des
bébés, mais auparavant on “fatigue” l’enfant en jouant avec lui. Environ la
moitié des mères interrogées disent que l’enfant “s’endort sur son sein”. Pour
procéder à l’endormissement, la mère en général s’isole dans un endroit calme.
C’est un moment privilégié d’échanges mère-bébé. Elle lui laisse le sein même
s’il ne tète plus. Il a besoin de la “nefs” de sa mère, terme qui signifie à la
fois l’âme, l’odeur, l’haleine, la chaleur qui le protège et le nourrit. Cette
notion de “nefs” au moment de l’endormissement est assimilable à la notion
d’enveloppe psychique qui procure à l’enfant la sécurité indispensable à sa
stabilité émotionnelle. D’autres techniques d'apaisement sont utilisées, seules
ou associées au sein, comme les bercements et les berceuses permettant de
maintenir le contact avec le bébé par la voix. Ces longues mélopées sont
transmises de mère en fille et chantées d’une voix douce et rythmée. Une
analyse de contenu révèle qu’elles permettent aussi “de canaliser les angoisses
de la mère” et, par l’effet magique des mots, de placer l’enfant sous la
protection de Dieu, du prophète et des saints (en milieu urbain aujourd’hui, il
semble que les berceuses soient moins utilisées). Les bercements s’effectuent
dans les bras ou dans le berceau (traditionnellement en branches de roseau ou
en bois). Les mères répondent rapidement aux pleurs du bébé et évitent
absolument qu’il atteigne le seuil d'inconsolabilité ou “Horna”. Si on le
laisse pleurer, il deviendra “pleurnichard ou têtu” ; si on le calme, il sera
“gentil”. La nuit, il faut tout de suite calmer le bébé qui pleure.Bouabdallah
estime néanmoins qu’aujourd’hui, “le style de maternage algérien semble se
situer dans une zone intermédiaire entre le style proximal, caractéristique de
l’Afrique noire et de l’Inde par exemple, et le style distal de la société
occidentale”.
Etude au Nordeste du Brésil
Bercer l'enfant dans les bras, sur le corps de la mère ou dans
le hamac est la manière par excellence d’apaiser le bébé. Ce passage du corps
de la mère au hamac constitue selon l’auteur de la recherche, Motta (1993), une
“transition douce”. Les mouvements berçants sont souvent accompagnés
d’onomatopées et de mélopées. Les études, effectuées à domicile (Etat du Ceara,
bidonvilles de Fortaleza) ont montré la fréquence des bercements sur le corps
de la mère et dans différents moments de soins. Ces bercements qui se
prolongent dans le hamac sont utilisés pour calmer les pleurs du bébé, pour
l’endormir, mais aussi parfois pour le maintenir dans un état d’éveil attentif
et calme. 100 % des mères interrogées considèrent qu’il est impardonnable de
laisser pleurer un enfant la nuit. Gloria Motta ajoute que “ce style de
maternage assure au tout-petit un apport considérable de stimulations
vestibulaires”. Elle observe un développement moteur accéléré par rapport aux
normes européennes. Elle note aussi que les bébés sont en général
remarquablement détendus, pleurent rarement et que les mères ne signalent
jamais de problèmes d’insomnies. Les stimulations (bercements) que les petits
enfants reçoivent sont inspirées par les croyances et cela a un rapport étroit
avec la présence du hamac et son rôle dans la relation de la mère avec son
enfant. L'utilisation traditionnelle du hamac au sein de cette population
favorise certainement l’habitude de bercer le bébé car même les adultes se
bercent toute leur vie. Cela peut influencer la haute fréquence des mouvements
berçants pendant les soins maternels ainsi que la variété des mouvements du
corps de l’adulte maternant. Le corps de la personne mime le hamac qui, au
contraire du berceau, épouse les formes du corps, l’enveloppe et bouge dans
toutes les directions à chaque mouvement du corps. En général, dans les
premiers mois de la vie, le bébé s’endort sur la mère, elle-même dans le hamac.
Celle-ci peut aussi être assise dans le hamac avec l’enfant dans les bras, se
berçant ensemble. Là, l'enfant ne craint pas le “susto” (mouvement brusque,
sursaut ou secousse) considéré comme dangereux. L’enfant a la sensation d’être
soutenu, sensation qui semble être fondamentale pour son développement.
Étude au Japon
De nos jours “l’éjiko” (sorte de couffin en paille de riz) n’est
plus utilisé et “l’enfant a perdu son berceau” (Jugon, 1993). La journée, quand
il n’est pas dans les bras de sa mère, il dort sur le matelas posé à même le
tatami. Comme dans de nombreux autres pays asiatiques ou africains, le bébé est
porté sur le dos de la mère (parfois du père). Il peut dormir à son aise quand
l'envie lui en prend. Sa mère le calme si besoin en lui parlant et en lui
tapotant les fesses de la main. Un chant ou une berceuse accompagne souvent le
moment de l’endormissement. Mais comme la mère ne peut voir son bébé, si
celui-ci continue de pleurer, elle dénoue le harnais de portage et prend
l’enfant dans ses bras. Depuis les années 1970, le harnais s’est modifié de
manière à pouvoir porter l'enfant aussi bien sur le dos que sur le ventre de la
mère. En milieu urbain, le portage sur le ventre semble se répandre et dans
certains quartiers, la poussette ou le landau sont maintenant utilisés. La mère
peut également être assise sur le tatami, les genoux repliés, tandis que le
bercement du bébé continu. Une autre pratique, très courante selon Jugon,
“consiste à poser l’enfant sur sa couche, ventre contre terre, en lui tapotant
légèrement le dos jusqu’à ce qu’il s’endorme”. Les habitudes qui président à
l’endormissement du bébé japonais sont donc de type proximal. La mère s’allonge
toujours à côté de lui sur le tatami. La coutume (parfois critiquée par
certains pédiatres ou psychologues aujourd’hui) veut qu’ils dorment ensemble ;
toute la famille d’ailleurs occupant souvent la même chambre.
Étude en Picardie (France)
Dans l’étude de Coche et Roué (1993) menée en milieu rural, les
auteurs constatent que “quel que soit leur âge, plus des deux tiers des mères
disent qu’il ne faut pas prendre souvent le bébé dans les bras, cette pratique
pouvant créer une “habitude” (raison invoquée le plus fréquemment)”. 35 %
reconnaissent en outre ne pas porter souvent le bébé. Les femmes interrogées
expliquent qu'il ne faut pas être “trop proche” du nourrisson, afin que
celui-ci ne “monopolise” pas ses parents. Bien que le besoin de contact du
nourrisson soit reconnu en théorie, la prise en compte de cette idée dans la
vie courante semble limitée par l’influence des a priori populaires qui entrent
en contradiction avec elle. Soixante pour cent des plus jeunes mères précisent
cependant qu’elles prennent leur bébé dans les bras “quand c’est nécessaire”
(pleure très fort ou longtemps). En général, elles ne bercent pas le bébé au
lit et ne lui chantent pas de berceuses, mais l’apaisent dans les bras avant de
le coucher (surtout dans les trois premiers mois de la vie). Les auteurs
constatent que “nos données d’observation confirment la relative parcimonie des
échanges cutanés entre l’adulte et le bébé par rapport à d’autres cultures”. Il
semble exister une limite à la “sollicitude maternelle” imposée par la
tradition. Une nette tendance, dès la fin du premier mois, à laisser pleurer le
bébé en dehors des périodes de soins ou d’alimentation, en particulier
lorsqu’il est couché. Les personnes qui disent laisser pleurer les nourrissons,
pensent qu’il est important de ne pas répondre à leurs pleurs la nuit pour ne
pas les “rendre capricieux” (expression relevée dans 30 % des entretiens). La
demande de contact du bébé est peu prise en compte. Les pleurs et cris de
l'enfant sont interprétés très tôt comme des éléments perturbateurs, et les
réponses positives de l’adulte comme susceptibles d’engendrer un conditionnement
: “il est malin, ça devient une habitude”. Ces formulations semblent révéler
que le plaisir de contact recherché par le nourrisson est perçu par les
parents. Mais ceux-ci refusent le contact à l'enfant par crainte de “se rendre
esclave”. Comme l’usage du berceau, le bercement semble une coutume en voie de
disparition en Picardie. L’étude de Coche et Roué montre que l’idée qu’il ne
faut pas bercer le bébé est plus forte chez les grands-parents que chez les
parents. Paradoxalement, 60 % des grands-mères reconnaissent avoir bercé leur
bébé mais de temps en temps seulement “en cas de grosse colère” ou de
“coliques”. Pour cela, elles disposaient d’un berceau. Là encore, l’hostilité
au bercement est généralement liée à “la crainte que le bercement n’entraîne
une habitude”. Une minorité emploie le terme “vice”. Le besoin de bercement de
l’enfant est peu mentionné et encore moins reconnu. Les auteurs ajoutent : “On
constate souvent une rupture assez brutale du lien unissant le bébé à sa
famille, lors du coucher ; dans la plupart de nos observations
d’endormissement, nous constatons la rareté des mères qui chantent pour
accompagner le bébé dans le sommeil”. De nombreux parents utilisent aujourd’hui
une boîte à musique ou un mobile musical qui semble supplanter la voix
maternelle et pallier son absence. Les grands-mères disent pourtant avoir
chanté à leur bébé. Elles évoquent les bienfaits des berceuses pour apaiser
l’enfant. L’étude révèle également que la tétine (tutute, totote...) est
souvent utilisée lorsque le bébé pleure dans son lit. Les parents “ne
supportent pas d’entendre le nourrisson crier” (le qualificatif de “brayeux”
lui est attribué). Pour les auteurs, “La tétine, qui évite sans doute aux
parents le contact direct avec le bébé, ne se substitue-t-elle pas au corps de
la mère et au bercement pour l’apaiser ? (...) En le laissant pleurer seul, les
mères ne s'épargnent-elles pas d’assister aux manifestations de détresse du
nourrisson ? Leur sensibilité est ainsi moins mise en cause”. Les observations
des auteurs montrent que le jeune enfant est souvent isolé dans une autre
pièce, à distance de la salle de séjour. Il serait ainsi, selon les parents,
protégé de ce qui pourrait “gêner son sommeil” et risquerait de “perturber” son
équilibre. En revanche, la même étude réalisée dans le Nord-Finistère (pays du
Léon) montre qu’en général les mères sont plus concernées par les pleurs du
nourrisson qui bénéficie plus souvent d’une berceuse pour s’endormir. On ne
berce pas plus le bébé breton que le bébé picard (le lit a remplacé le
berceau), mais il est quand même calmé dans les bras (surtout jusqu’à trois
mois).
Conclusion
Aucun grand ensemble culturel n’est homogène et comme le
souligne Sabatier (1986), l’homogénéisation des sociétés occidentales en ce domaine
est une “illusion de contraste”. L’étude effectuée en Picardie et en Bretagne,
par exemple, nuance l’idée du “bébé français”. Des études réalisées notamment
en Italie (Gandini, 1993) et au Porugal (Ramos, 1993) relativisent également
l’idée généralisatrice du “bébé occidental” ; de même il faut être prudent dans
l’utilisation des termes comme “le bébé africain”, le “bébé indien”, etc. Il
est également important de considérer les évolutions historiques de chaque
société. Delaisi de Parceval et Lallemand (1980), ainsi que Candilis-Huisman
(1993), en ont présenté certains aspects pour